Le Château de Hurle | Diana Wynne Jones

Au cœur de la contrée magique d’Ingarie, dans le charmant village de Marché-aux-Copeaux, Sophie s’ennuie. Seule dans sa chapellerie, elle a accepté son destin d’aînée de la famille, et de vivre dans l’ombre de ses sœurs, résignée ainsi à un avenir routinier. Après tout, tel est l’usage… Lorsqu’un beau jour, la jeune fille a le malheur d’offusquer la sorcière des Steppes, celle-ci lui dérobe 60 ans de sa vie, la laissant vieille et démunie. Cherchant désespérément un moyen de briser le sortilège, la jeune chapelière sera amenée à pactiser avec le démon du feu, Calcifer. Vivant dès lors dans un étrange château ambulant dont les secrets restent entiers, Sophie entame une extraordinaire aventure à la recherche de sa jeunesse volée, prête à reprendre en main son destin. Un périple jalonné de dangers et de rencontres hautes en couleur…

Titre : Le Château de Hurle
Auteur : Diana Wynne Jones
Editeur : Ynnis Editions
Date de parution : 17 juin 2020
428 pages

▲▲▲▲▲

On aime…

  • Hurle et Calcifer
  • Le monde magique
  • La volonté à toute épreuve de Sophie
  • Le côté « drama queen » de Hurle

On aime moins…

  • La précipitation du grand final

Nous sommes toutes les deux des grandes adeptes de Hayao Miazaki, et en particulier du Château Ambulant. Le Château de Hurle – une ancienne édition – était d’ailleurs dans notre bibliothèque depuis un certain nombre d’années. Quand nous sommes tombées sur cette nouvelle édition, et cette couverture absolument splendide, nous avons enfin décidé que c’était le bon moment pour nous lancer dans cette aventure.

Ce livre fut notre lecture commune du Pumpkin Autumn Challenge. Chaque soir, nous lisions un chapitre ou deux à voix haute avant de nous endormir, et ce texte s’y est plutôt bien prêté. Comme nous connaissions déjà l’histoire principale grâce à l’animé, nous avions hâte de retrouver des personnages auxquels nous étions déjà attachés. En particulier Calcifer, cet adorable petit démon. Le plus intéressant, c’était de voir les points communs entre film et livre et les différences surtout. Tout lecteur sait qu’une adaptation cinématographique est toujours à double tranchant : soit c’est une réussite, soit c’est une déception. Sur ce point, comme pour une fois, nous avions vu le film avant de lire le livre, nous imaginions être surprises en bien !

Il arrivait des choses intéressantes dans la vie de tous les jours, mais toujours à d’autres qu’elle.

Le Château de Hurle est un magnifique conte dans lequel on se plonge très facilement. Au début, l’écriture (enfin la traduction) peut un peu surprendre. C’est un style plutôt old school, avec des mots peu utilisés, ou qu’on a forcément l’habitude de croiser. Passé les trois premiers chapitres, ça n’a plus rien d’inattendu et on peut alors savourer la suite. À l’oral, les mots courent de manière fluide et c’est très représentatif. Les paysages, les personnages sont particulièrement bien décrits. Les premiers chapitres posent un décor plutôt chaleureux. On apprend d’abord à apprécier Sophie, puis on découvre Michael et Calcifer, et finalement Hurle – une vraie diva.

Vous n’imaginez pas les ennuis qu’on a chaque fois que Hurle tombe amoureux ! On a eu des procès, des soupirants évincés hérissés d’épées, des mères avec leurs rouleaux à pâtisserie, des pères et des oncles armés de gourdins.

Si beaucoup de détails nous ont ramené vers le film, nous avons fini par nous en séparer complètement en réalisant la richesse des différents personnages. Sophie et son rôle de grand-mère un peu trop concentrée sur le ménage. Michael et son envie de réaliser des sorts incroyables. Calcifer et son caractère bien trempé de démon qui oscille entre égocentrisme et altruisme. Hurle et la fameuse malédiction qui pèse sur ses épaules. Ils forment une drôle de famille qui doit faire face autant aux charges quotidiennes qu’à des affrontements contre de puissants magiciens. C’est ce mélange entre habitudes typiquement humaines et magie qui donne tout son charme à ce quatuor.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est évidemment ce fameux château ambulant. Un lieu qui n’est pas vraiment ancré quelque part, mais qui permet de passer d’une ville à l’autre, d’un monde à l’autre même ou de se promener dans les Landes. Au fur et à mesure de l’histoire, il change de forme, d’endroit, et devient un véritable foyer pour son étrange famille. Au début, c’est assez difficile de s’en faire une image précise. Puis les détails deviennent plus clairs, juste assez pour que chacun puisse l’imaginer comme il le souhaite. C’est ce qui donne tant de charme à cet endroit : il n’est qu’une belle image abstraite.

La magie, au sens de pouvoirs magiques, est finalement ce qui est le moins développé. On sent bien que le monde en est empreint, qu’Hurle est capable de tout ou presque, mais il est difficile de vraiment comprendre ce qui fait partie de la magie et ce qui est juste un détail absurde. Certains passages peuvent laisser un peu perplexe, mais ça n’empêche en rien d’apprécier la lecture. Parfois, c’est aussi agréable de ne pas tout comprendre. Ça pousse à poursuivre la réflexion, à se laisser porter par l’histoire aussi.

Un autre point qui nous a tenu en haleine, c’est la malédiction dont on apprend l’existence assez tôt dans l’histoire. C’est comme une enquête à mener. On essaye de décrypter chaque mot. C’est le genre de chose qui donne envie de ne jamais lâcher le livre !

En quelques mots, c’était un vrai plaisir de découvrir enfin cette histoire sur papier. Finalement, c’est un autre voyage que le film de Miazaki, même si bien sûr on retrouve plusieurs des points essentiels. Nous avons hâte de continuer notre périple dans la saga avec Le Château des Nuages. Ça promet une nouvelle belle découverte !

Et cette édition est tout simplement sublime ! De la couverture aux entêtes de chapitres, c’est un très bel objet.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *